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 Sans Remords

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Eric_Girold

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MessageSujet: Sans Remords   Sans Remords Icon_minitimeVen 16 Mar - 19:29

Les boîtes m'ont toujours foutu les boules. Ce sont des lieux maudits Twisted Evil


Sans remords





Il se retourna.
Il était persuadé que quelqu'un lui avait posé la main sur l'épaule.
Mais les corps en mouvement autour de lui ondulaient sans lui accorder la moindre importance. Il resta sur place l'espace d'une dizaine de secondes, puis un nouveau sourire béat vint fendre son visage. Peut-être était-ce la jolie blonde juste devant lui qui lui avait saisi l'épaule ?
Il s'approcha d'elle en se trémoussant sur le rythme mais elle fit une moue en notant son sourire niais et fit volte-face. Il se retrouva le nez sur ses épaules et son sourire s'effaça.
Il eut presque envie de la saisir à la taille, mais elle avança brusquement et une espèce de skinhead le dépassant de deux bonnes têtes s'intercala entre la blonde et lui. Il reçut un coup de coude faussement involontaire de la part du crâne rasé, qui étendit les mains comme s'il s'excusait, ses yeux plissés de fureur et sa mâchoire crispée indiquant juste l'inverse.
Les cognements sourds des basses survoltées retentissant de plus belle dans ses tympans comme un prélude à des chocs plus physiques le firent s'éloigner prudemment de l'entourage direct de la fille vers des hâvres de paix situés à la périphérie de la piste minuscule.
Cette fois-ci un visage apparut devant lui pour s'évanouir aussi vite. Les yeux l'avaient fixé si intensément qu'il en avait ressenti l'écho jusqu'au plus profond de son esprit, comme une lame de rasoir oxydée sur des tendons à vif.
Les lumières des projecteurs virevoltaient, plongeant du plafond pour frapper là un oeil ici un visage, plus loin une épaule. Les stroboscopes décomposaient les mouvements des danseurs, leur donnant une allure plus syncopée que la musique elle-même, lancinant roulement de tambour tribal sous amphétamines.


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Eric_Girold

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MessageSujet: Re: Sans Remords   Sans Remords Icon_minitimeVen 16 Mar - 19:31

Il décida d'aller au bar commander de quoi se remettre de ses émotions.
La barmaid mit un temps infini à le servir alors qu'il avait le bras levé et qu'elle l'avait vu dès qu'il était arrivé, comme à chaque fois. Les bouteilles derrière la fille en body blanc qui s'activait auprès des autres consommateurs tout en l'ignorant ostensiblement clignotaient de lueurs bleues, rouges et jaunes, réfléchissant les teintes prises par les spots chaque fois qu'un écran se positionnait devant eux, comme les stéréoscopes qu'il regardait quand il était gamin et dont les disques tournaient en appuyant sur le déclencheur.
Il se demanda s'il était le seul à avoir possédé ce style de gadget obsolète, vieux déjà d'une vingtaine d'années lorsqu'ils les avaient découverts, les pochettes de disques avec leurs minuscules diapos en double et le visionneur en plastique grisâtre, au fond d'une vieille boîte à chaussures dans le placard de l'entrée, chez sa grand-mère. Il n'y avait que lui pour aimer ce genre de saleté, se dit-il.
Enfin, cette pimbêche condescendait à s'apercevoir qu'il s'était matérialisé dans la même dimension, sur le même système solaire, planète, demi-hémisphère, continent, pays, département, ville, bar qu'elle et s'approchait en faisant sa tête d'enterrement.
« Un coca-fraise », dit-il en lui faisant ce qu'il considérait comme son plus méchant sourire à minettes alors qu'elle pensa seulement que son rictus de batracien lui pesait sur les nerfs, depuis plusieurs semaines qu'il venait là chaque vendredi et commandait sa boisson de lavette.
Elle ne prit même pas la peine de lui répondre ni de le regarder, se contenta d'encaisser son jeton en regardant la piste d'un air suffisant.
Il avait soif et baissa les yeux sur le verre rempli à peine au-dessus de la moitié, le reste comblé par des tessons de glaçons. En relevant la tête, son regard rencontra le vide entre les deux bouteilles juste en face de lui.
De nouveau le visage, les yeux qui s'étaient figés sur lui un dixième de seconde d'un air suppliant et ironique à la fois.

Foutez-moi la paix, pensa-t-il.
Pourquoi fallait-il qu'ils reviennent encore une fois lui gâcher sa soirée ? Et maintenant qu'il en avait vu une, il était certain que les autres n'allaient pas tarder. Comme d'hab'.
C'était pénible d'avoir raison. Encore une autre gorgée et il eut un nouvel échantillon de la vision stéréoscopique à laquelle il avait pensé un peu plus tôt, comme par hasard. Sauf que cette fois-ci, c'était différent des disques qu'il insérait dans sa visionneuse kitsch pour mater des images en pseudo 3D des années cinquante. Non, là les deux visages étaient différents. Ils ne reconstituaient pas une seule image avec un léger décalage pour donner l'illusion de la profondeur mais montraient l'apparence qu'ils avaient pris après l'accident. Le carnaval des spectres.

Il reposa son verre sur le comptoir et alla s'asseoir où il put.
C'était un siège en imitation velours dépenaillé, comme à peu près tout ce qui se trouvait dans cette boîte, lui inclus, dans le style dragueur amateur. Des imitations de mobilier, le coca aussi était une imitation , les bouteilles contenaient du liquide imitant l'alcool avec plus d'eau qu'autre chose. La musique imitait les tambours de cérémonie des peuplades africaines voulant se mettre en transe collective pour fêter l'idole du jour ou le mort de la veille. Les filles imitaient les chanteuses dont elles avaient accroché les posters sur les murs de leur chambre. Les garçons imitaient les petits durs dehors des groupes pseudo-punk en vogue, dans leurs fringues et leur mimiques, alors qu'ils étaient encore et pour la plupart jusqu'à leur mort, tout mous dedans. Lui essayait d'imiter sa propre normalité, sans y parvenir.

Les seuls à être réels ce soir, comme les autres soirs où ils lui étaient apparus, c'étaient eux.
Bizarre comme personne ne venait s'asseoir à côté de lui ce soir. Il était seul à sa table en faux marbre d'occase.
Il aurait pu se dire, s'il n'avait pas su pourquoi, Et alors, je sens le maroil ou quoi ? Non personne n'osait venir se poser sur les quatre sièges qui l'entouraient, alors qu'à première vue, beaucoup de danseurs et euses auraient voulu poser une fesse ou deux sur ces fameux sièges, même dépenaillés comme ils l'étaient.

« T'as l'air en forme ce soir, dit Betty.
- Ouais, reprit-elle, je trouve qu'il a bonne mine, ces derniers temps, notre Lucas. T'en penses quoi, toi, Alex ?
- M'en fous. J'en ai marre de ce trip débile. Et elle commença à se plaindre.
Lucas fixa son ancienne soi-disant amie, pendant qu'elle continait ses lamentations. Elle n'avait pas changé de T-shirt depuis l'accident, trois ans plus tôt. Son visage était toujours percé par les mêmes éclats de verre. Lucas se disait que celui qui sortait de sa joue aurait dû tomber, mais il tenait toujours bon, le bougre.
Les deux autres, ses anciens potes, ne disaient rien. Ils n'avaient jamais dit grand chose quand ils étaient vivants, de toute façon, à part pour se foutre de sa gueule.
Alors à quoi ça aurait servi de raconter leur vie maintenant qu'ils étaient morts ?
Les filles, elles, parlaient tout le temps, normal, pour des filles. Même mortes. Alex se plaignait et Betty se moquait des fringues des autres nanas bien vivantes qui se trémoussaient sur la piste ou buvaient au bar. Rien ne changeait.

Ils étaient là tous les quatre, personne d'autre que lui, Lucas, ne pouvait les voir dans la boîte et ne cherchait à comprendre pourquoi il se prenait maintenant le visage entre les mains, comme s'il s'attendait à passer un sale moment. Ils étaient morts et il fallait qu'ils viennent lui prendre la tête. Il se leva et se dirigea vers les toilettes. Il savait à quoi s'attendre. Betty était là avec le haut de sa boîte cranienne dans son sac, laissant la majeure partie de son cerveau exposé comme lorsque les pompiers l'avaient extirpée de la carcasse fumante de l'autre véhicule. L'un d'entre eux avait d'ailleurs dû s'éloigner pour aller vomir plus loin dans le fossé. C'est dire si le spectacle qui s'était offert à leurs yeux blasés de spécialistes des catastrophes était insoutenable. Trois ans après, certains d'entre eux en avaient encore des cauchemars. Peut-être en version stéréoscopique, mais rien n'était moins sûr.


Dernière édition par le Ven 16 Mar - 21:09, édité 1 fois
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Eric_Girold

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MessageSujet: Re: Sans Remords   Sans Remords Icon_minitimeVen 16 Mar - 19:32

Ils avaient récupéré la tête de Fabien dans l'eau croupie qui stagnait au fond du fossé, mais de l'autre côté de la route, car la 205 avait heurté un camion, Betty était allée s'encastrer dedans, Alex avait eu l'échine brisée par une borne kilométrique malencontreusement posée là et invisible de la route, puis la voiture aux freins pas entretenus avait fait un tête à queue et lorsqu'il avait été éjecté, Fabien le conducteur, bourré come d'hab', avait fait connaissance avec le fil de clôture du propriétaire du champ où la Peugeot avait terminé sa course. Mais il l'avait rencontrée au niveau du cou. Donc, sa tête était partie vivre ses quelques secondes de vie restantes de son côté,avait rebondi contre un arbre juste en face, back in the fossé, tandis que son corps restait sur place, empalé sur un piquet qui se trouvait là, car le propriétaire l'avait oublié en posant la clôture.
David lui était resté dans la voiture et avait brûlé avec elle lorsque le réservoir avait fini par exploser. Après l'arrivée des secours, c'était vraiment pas de chance. C'est pour ça que sur son fauteuil en imitation velours rouge dépenaillé, il aurait été méconnaissable pour tout autre que Lucas, si tout autre que ce dernier avait subitement pu voir David.
Les deux filles avaient aussi été éjectées, mais par le pare-brise, toutes les deux, parce qu'elles avaient la manie de ne jamais mettre leurs ceintures de sécurité et de vouloir discuter avec les passagers de devant, qui étaient toujours, dans l'ordre, Fabien, au volant, et David à la place du mort, pardon, du grand brûlé.
Seul Lucas mettait sa ceinture et restait à sa place, espérant arriver le plus vite possible dans la boîte pour ne plus entendre les Cds pourris de heavy metal de Fabien et ceux non moins craignosses de reggae de David. Ainsi que les gloussements hystériques de ses deux prétendues amies. Elles étaient les petites copines des deux de devant, tandis que lui, Lucas, n'avait jamais pu se trouver qui que ce soit, sujet d'hilarité contenue des quatre autres.
Mais il n'avait pas de bagnole et ça l'arrangeait de venir avec eux, qui de leur côté se disaient qu'ils avaient toujours de quoi se marrer avec ce ringard et qu'ils faisaient en plus une bonne action. De vrais Abbés Pierre, ces sales cons, se disait souvent Lucas.
Et lui s'en était tiré sans une égratignure, le corps de David devant lui agissant comme un airbag bien commode.

Fabien amenait à chaque fois des bouteilles. David amenait à chaque fois des pétards. Betty amenait à chaque fois des amphètes. Alex amenait à chaque fois de la coke. Lucas amenait à chaque fois un T-shirt de rechange, car une fois ils lui avaient tous, il s'en rappelait comme si c'était hier, lui avaient TOUS vomi dessus. Un « private joke », ils appelaient ça. Si la soirée était vraiment trop pourrie malgré tous leurs petits remontants chimiques, ils tenaient à en laisser un souvenir sur quelque chose. En l'occurrence quelqu'un, en l'occurrence le T-shirt de Lucas, qui de toute façon était toujours du plus mauvais goût.

Pendant qu'il se soulageait dans l'urinoir, il sentit le regard autrefois bleu de Betty posé sur son pénis.
« On dirait que ça a un peu poussé depuis trois ans, dit-elle, tandis qu'un asticot trouait la paroi interne de son oeil gauche et venait saluer Lucas, qui secouait les dernières gouttes, puis rangeait son matériel en place avant de remonter sa braguette.
- T'as beau être morte, t'es toujours aussi conne, ma pauvre vieille, fut son seul commentaire.
- Tu te crois malin parce que t'es le seul à en avoir réchappé, pauvre connard ? hurla-t-elle silencieusement.
- Je t'emmerde, grosse truie. D'abord les pouffiasses vivantes comme mortes ne sont pas admises. C'est les chiottes des mecs, ici.
- Tu t'crois un mec, en plus ? J'suis sûre que t'as même pas réussi à emballer une meuf depuis trois ans que tu viens dans cette boîte minable.

Lucas se dit qu'elle avait marqué un point.
Il laissa Betty mater le service trois-pièces des autres clients. Il savait qu'elle allait passer le reste de la soirée à satisfaire ses tendances voyeuristes, qui étaient tout ce qui lui restait d'ailleurs. Il lui vint une pensée bizarre. En revenant se rasseoir à sa place, que personne n'avait osé lui contester, il se pencha vers Fabien et lui demanda :
- On peut encore, quand on est mort ? Je veux dire, toi et Betty..
- J'te rappelle que j'ai été éventré sur des tessons de bouteille qui trainaient au fond du fossé et que j'ai eu les parties déchiquetées par la même occasion, répondit Fabien.
- Ah ouais, s'cuse. Non, c'était juste pour savoir, t'sais.
- Et moi je me les suis fait...
- Oui, tu m'l'a d'jà dit la dernière fois, le coupa Lucas. Elles ont cramé comme le reste.
David hocha son crâne calciné et noirci.
- Putain, j'aurais dû te laisser conduire, reprit Fabien. On serait p't'être tous encore vivants à l'heure qu'il est, à s'éclater entre nous comme au bon vieux temps.
- Il aurait fallu qu'j'aie mon permis à l'époque, dit Lucas.
- Au fait, tu l'as passé, depuis ? demanda David.
- Ouais, je l'ai loupé trois fois quand même, mais c'est bon, là.
Les deux autres se regardèrent et faillirent ajouter qu'il était toujours aussi nul. Puis ils se dirent qu'il était peut-être nul, mais vivant, au moins.

David jeta un coup d'orbite calcinée à Fabien, dont la tête coupée lui donnait toujours du mal à tenir sur son cou, pendant que Lucas était en train de regarder une jeune brune qui se déhanchait lascivement juste sous son nez, à deux pas de leur petit groupe de boute-en-train. Alex, qui faisait toujours la gueule, regardait la même fille que Lucas, mais pas pour les mêmes raisons.
Les deux garçons morts se chuchotaient l'un à l'autre des trucs qui les faisaient pisser de rire, enfin si ç'avait encore été possible.
- Tu sais, Lucas, dit Fabien, le champion de la conduite avec cinq grammes d'alcool par litre de sang, il y a quand même une chose qu'on peut faire depuis qu'on est morts.
- Ouais, ajouta David. Même que ça te la couperait si on te faisait une démo.
- Bof, j'vois pas c'que des macchab' comme vous pourraient me montrer qui m'étonnerait plus que les trois tonneaux que Fabien nous a fait faire.
- Parole, mon pote. C'est un truc d'enfer, dit David le carbonisé.
- A l'aise. Voilà, mec. On peut lire les pensées des vivants.
Lucas se tourna vers Fabien et le regarda d'un air méfiant.
- Ah ouais ?
- Sérieux, man. Là, on voit tout de suite que t'en pinces pour la brune qui danse devant toi.
- Pas besoin d'être un mangeur de pissenlit par la racine pour s'en apercevoir, rétorqua Lucas. Je la mate depuis un quart d'heure.
- Mais si elle tord son cul devant toi depuis aussi longtemps, c'est qu'elle aussi elle t'a dans la peau, t'as pas encore compris, abruti ? J'le vois dans sa tête de p'tite chipie à deux euros comme si je lisais le journal.
Lucas était bouche bée.
C'était la première fois depuis au moins cinq ans, de son vivant comme de sa mort, qu'Alex lui adressait directement la parole. D'ailleurs son ex, David la momie en goudron et Fabien le Roi de l'Eventration Fatale en étaient aussi comme deux ronds de merlan.
- Tu en es sûre ?
- T'es toujours aussi con, je vois. Si Alex te le dis, tu peux lui faire confiance, dit Fabien, en faisant un clin d'oeil à l'ex copine de son ex copain.

Lorsqu'il revint prendre sa place parmi ses anciens amis, la marque des doigts de la brune imprimée sur sa joue qui avait un peu enflé par-dessus le marché, Lucas ferma les yeux, puis les regarda tous assis autour de lui, à tour de rôle.
- Salauds de cadavres ! cracha-t-il.

Ils étaient tous morts de rire.
Rien ne changerait, jamais.


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