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 nouvelle SF- Trous de mémoire

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Talbazar



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MessageSujet: nouvelle SF- Trous de mémoire   nouvelle SF- Trous de mémoire Icon_minitimeVen 26 Jan - 16:02

Trous de mémoire


Nous arrivons en vue de Mars à la vitesse rapide de 60 km/sc. La dernière génération de propulseurs nous a permis d'y parvenir en trois mois seulement, pour six mois prévus sur la boule rouge. L'équipage réduit que je forme avec mes deux collègues jubile déjà à l'idée de se poser sur le sol martien. Cela fait deux ans que nous nous préparons avec acharnement à la réussite de cette nouvelle mission. Notre trio répond aux dernières lubies d'économie des affaires spatiales : économie d'hommes et de moyens, c'est le nouveau credo terrestre en ce qui concerne les voyages vers Mars, en cette année 2053. Je regarde en souriant mes deux amis plongés comme moi dans cette belle aventure. Thanaïs Elglabo, belle latine de trente-huit ans, spécialiste des affaires médicales, un dentiste en cas de plomb qui saute, ça peut toujours servir, non ? Son parcours est classique, trois périodes lunaires au sol à son actif où ses compétences exceptionnelles l’ont fait sortir du lot. Maurice Le Muet, c’est son vrai nom, je le précise parce que dans les bases extra-terrestres on se donne facilement des surnoms, quarante-deux ans, ingénieur doué aux aptitudes multiples, probablement le premier barbu de l’histoire spatiale, enfin quand je dis qu’il porte la barbe, c’est juste un mince collier qui lui encadre le menton, faut rien exagérer ! Un voyage sur Mars à son actif, mission Virgo 2, en 2046, plus deux périodes en orbite lunaire et une au sol. Et puis moi-même, Alix Marrat, quarante-cinq ans, expert naviguant, commandant de cette mission, entre autres responsabilités. Expériences lunaires au sol d’une année également pour moi, plus quatre périodes orbitales, mais jamais martienne.
Pour arriver à minimiser au maximum les effectifs, le cadre directeur des A.S à utilisé une découverte récente sur le cerveau. Les connaissances sur la mémoire ont en effet fait un bond de géant ces dernières années. En tripatouillant l’A.D.N d’un jeune donateur anonyme décédé dans un accident de route, les chercheurs ont réussi l’exploit de multiplier notre propre faculté de mémorisation par mille. Cela nous permet, à moi et aux deux autres de remplacer un équipage bien plus nombreux et de répondre avec succès à une foule d'impondérables. Grâce à l’injection, avant notre départ, d’un produit issu des tissus de ce mort combiné à une molécule améliorant la circulation de l'acétylcholine, un neuromédiateur essentiel à la mémoire, nous avons étendu nos savoirs réciproques d’une allonge fabuleuse. Par exemple, pour ne parler que de moi, je parle et j’écris quarante langues couramment et sans fautes, plus quelques dialectes rares. Thanaïs n’est pas en reste, elle est une véritable encyclopédie médicale à elle toute seule et Maurice damerai le pion à un congrès entier de scientifiques centenaires. Au vu du résultat, on peut remercier le pauvre gars qu’un trente-cinq tonnes à frontalement soutiré à l’affection des siens. Je pense à sa veuve, quelquefois, j’ai même l’impression de la connaître, c’est drôle, non, ce transfert sentimental dans la vie d’un macchabée dont on ne sait strictement rien...
La terre avec qui nous sommes en liaison permanente nous signifie que tout se passe bien. Entre nous, il y a plutôt intérêt ! Les nuances de Mars sont visibles dans l’épais hublot qui me fait face. Du jaune sur les bords et un rouge plus intense vers le centre. Malgré l’imminence des manœuvres d’approche, Maurice me tend un café chaud que je sirote à la paille avec délectation et désinvolture :
- « C’est pas de refus. On se met comme prévu sur l’hyberbole d’arrivée. 60.000 km de Mars, propulsion : 2.85 km/sc. Il est temps de descendre jouer une partie de football au sol, bien qu‘à trois, il vaudrait mieux opter pour un tennis ! »
Je termine lentement mon café et j’avale une bonne goulée de l’air recyclé de la cabine de pilotage. On s’approche vraiment. La grande balafre du canyon Valles Marinaris qui laboure le flanc de la planète est clairement visible, avec plus bas le volcan Arsia Mons, encore en activité il y a 200 millions d’années. Bien qu’elle ai été bombardée par d’innombrables débris spatiaux au cours de son histoire, Mars est moins impactée de cratères que la lune. Son hémisphère sud est tout de même bien criblé. C’est une chose d’avoir été préparé à la rencontre et c’est une autre d’arriver pile dessus ! Bien que le diamètre de mars soit deux fois plus petit que celui de la terre, elle envahit notre horizon d'une singulière majesté. Dans l’habitacle confiné de notre capsule conique, nous restons tous les trois muets de ravissement. Même Maurice, qui a déjà posé le pied sur cette sphère rubiconde semble fasciné. Il s’arrache enfin à sa contemplation pour retourner à son écran. 11.567 km. H moins 20 mn. Vitesse en décélération constante. Notre porteur constitué de trois modules étoilé qui tournent sur eux-même pour respecter un semblant de gravitation à été entièrement assemblé en orbite lunaire et a nécessité plus de 50 tirs de navettes depuis la terre. Lancé bien avant nous, le précieux carburant et tout le nécessaire à notre survie sont déjà en place, pas loin du gigantesque volcan Olympus Mons au pied duquel une base, aujourd’hui inhabitée, à été autrefois construite.
Thanaïs a Phobos encadré dans son écran, elle s’attarde un peu sur l'image de ce petit cailloux satellitaire qui tourne à 5.900 km au-dessus de Mars. Peut-être que la vue de sa surface aux cratères multiples ramène aux tripes de la jeune femme une réminiscence de ses expériences lunaires. La nostalgie et la mémoire sont des choses tellement imprévisibles et qui se nourrissent parfois d’étranges aliments ! Au cours de notre voyage, j'ai souvent surpris Thanaïs se perdre complètement dans la contemplation des étoiles, comme si elle regrettait de ne pouvoir les approcher de plus près. Bien que d'un commerce très joyeux avec nous, c'est une mélancolique née, Thanaïs ! Nous, les deux mâles obtus, nous respections les méditations silencieuses de la jeune femme, en échangeant juste entre nous un clin d’œil complice. Malgré tout, je la ramène à présent doucement aux réalités de la manœuvre, même si ce vaisseau se conduit quasiment tout seul. Un bruit sec, un choc sourd, nous nous séparons de la station orbitale qui nous porte et qui attendra bien sagement notre retour. Faible accélération ( 0,2 à 0,45 G ), mais qui secoue quand-même les pauvres sacs de chair et d’os que nous sommes...
Décélération, entrée dans l’atmosphère martienne à 20.000 km/h, 32.000m d’altitude. le bouclier thermique s’échauffe à plusieurs milliers de degrés. Nous sommes très concentrés. la capsule se trouve très brutalement freinée dans le ciel martien d’un rose saumoné. Parachute déployé : descente saccadée de notre navire qui perd continuellement de la vitesse, nous aurions pu voler comme un avion, mais le processus d’atterrissage est resté constant depuis le début de l’exploration de cette planète. Le vol en rase motte au-dessus du plateau de Tharsis, ce sera pour plus-tard ! Je rassure la Terre, la communication est plus que mauvaise, nous sommes passés à une vitesse de 80 km/h. Nous nous posons enfin dans un nuage de poussières pulvérulentes qui mettra très longtemps à se dissiper. Maurice retrouve le paysage morne qu’il a déjà connu :
- « Eh ben, c’est pas les plages d’Ibiza ! »
L’émotion est palpable dans la cabine. Après ces longues semaines de voyage sidéral, une sorte de communion fusionnel s’installe entre nous, à la vue de l’horizon rougeoyant et du désert sableux parsemé de roches volcaniques qui nous environnent. Quelques traces blanches signalent ça et là quelques restes de gelée hivernale. Nous sortons enfin dans cet environnement hostile, équipés de nos lourds scaphandres que l’atmosphère raréfiée rend supportables. Nous arrêtons chacun nos regards, dans nos gros casques en polycarbonate à grand champ de vision, sur une vaste étendue parsemée d'une multitude de roches ignées. Nos bottes soulèvent à chaque pas une épaisse poussière que le vent rasant disperse rapidement. Dans le ciel immense et démesurément dégagé, passent des nuages bleus de particules de glace qui fondent très vite au soleil. La terre, la maison-mère comme dit Maurice, n’est plus pour nous qu’une minuscule étoile scintillante. Nous rejoignons à pas comptés la base Hoshimina-Kerriev-Hobson, plus communément appelée 2HK. Tout l’embasement du grand dôme de verre composite est recouvert d’une épaisse poussière de brique orangée dont la couleur est due à l’hydroxyde de fer. L’hématite ocrée colle d’ailleurs comme de la farine aux jambes de nos combinaisons. Maurice part un peu plus loin s’assurer que les gros réservoirs de carburant n’ont subi aucun dommage, pendant que je pénètre par un long couloir à l’intérieur de la base en compagnie de Thanaïs, dont j’entend la respiration siffler doucement dans mon casque. Une fois à l’intérieur, je vérifie posément les paramètres en cours, tout semble fonctionner correctement. La station regorge d’énergie, d'air et d'eau. Nous quittons le sas pour entrer dans la base proprement dite. L’air est respirable, nous enlevons notre équipement. Les beaux traits de Thanaïs sont tirés par la tension de l’atterrissage, il nous faudra prendre du repos sans tarder. Sous le grand dôme, la végétation spécifiquement choisie s’est développée d’elle-même en parfaite harmonie. Je pose dans l'emplacement prévu les boites de graines ramenées de la Terre. Il y des algues vertes et microscopiques en fine couche sur l’épais vitrage anti-U.V, qu’il faudra éliminer. Les réserves d’une eau continuellement recyclée sont pleines à ras-bord. En combinant les dioxydes de carbone avec l'hydrogène, on produit de l'oxygène et du méthane, ce qui fournit un puissant carburant, mais aussi permet de boire et respirer normalement. Les réserves envoyées depuis la Terre ne l'on été qu'à titre de sécurité. Peu-après ce premier contact avec la base, Maurice est enfin venu nous rejoindre.
La terre me donne quelques instructions détaillées, mais ils ont pleine confiance en nos facultés décuplées par leur fameux produit. D’ailleurs, Thanaïs s’est mise consciencieusement au travail et réajuste à elle seule tous les paramètres de la serre. Je puise dans ma prodigieuse mémoire les informations nécessaires au bon fonctionnement des bouches extérieures qui aspirent pour nous les 0,03 % d’eau contenue dans l’atmosphère. Maurice réactive toutes les connexions en un temps record. Nous sommes tous les trois des manuels de survie vivants, doués d’un immense savoir sur les équipements de 2HK. C’est comme si nous en étions nous-même les créateurs, dans ses moindres détails. Demain, nous irons contrôler les deux tracteurs qui nous permettront de nous déplacer autour de la base. Les gros insectes de métal ovoïdes et blancs nous attendent sagement garés à proximité, je peux les voir par les grands hublots elliptiques. La courbure de l’horizon me semble plus accentuée que sur la terre, il faut vraiment s’adapter, cela n’a strictement rien à voir avec une mission lunaire ! Et ce ciel orange, omniprésent, comme un coucher de soleil perpétuel en somme, mais la lumière est ici plus que violente, les ombres semblent plus courtes. Celle d’Olympus Mons, masse gigantesque qui culmine quand-même à 30 km, mange une bonne partie du paysage environnant. Il nous faut dormir, à présent, après un dernier contact avec la terre. Suivant ainsi à la lettre le listing de la mission, Maurice prend la première veille.
C’est dans le train-train quotidien des impératifs de notre expédition, soigneusement programmés sur terre, que se passe les premiers jours de notre présence sur Mars. L’ambiance entre nous est parfaite et renforcée d’une entraide de chaque minute. Nous sommes en pleine forme. Nos mémoires mutantes révèlent à chaque instant un potentiel inespéré. Par exemple, j’ai survolé avec Thanaïs la grande fracture de Valles Marinaris à bord de la capsule, prenant des risques immenses qui ont fait peur à Thanaïs, j’ai piloté en virtuose, tant le moindre boulon de ce véhicule était une part de moi-même. Je pouvais anticiper les réactions les plus infimes de l’engin, en lui faisant donner son maximum dans le halo de dioxyde de carbone de cet air corrosif. J'étais parfaitement conscient de chacune des réactions de la machine et de ses possibilités, mieux qu‘aucun astronaute de tous les temps ne le fera jamais. Thanaïs nous à étonné, au cours du repos salutaire pris dans le carré commun de la base, à jouer sur un violon des airs fabuleux et géniaux, qu’elle improvisait au pied levé alors qu’elle n’avait jamais touché un instrument de musique auparavant. Maurice à fait plusieurs découvertes botaniques majeures, en travaillant dans la serre, qui ont enthousiasmé le contrôle terrien. Il a complètement remanié l’architecture interne des bidons à demi-enfouis des autres labos pour les rendre plus fonctionnels. Nous sommes parfois les plus étonné de posséder en nous autant de savoir et de le régurgiter avec aussi peu d’efforts. Nous sommes trois génies isolés sur ce sol stérile bombardé en permanence par de dangereux rayons ultra-violets.



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MessageSujet: Re: nouvelle SF- Trous de mémoire   nouvelle SF- Trous de mémoire Icon_minitimeSam 27 Jan - 17:01

C’est le vingt-septième jour de mission que Thanaïs à commencé à nous inquiéter. Alors qu’elle dormait dans sa cabine, nous avons été alerté par les cris angoissés qu’elle s’est mise à pousser dans son sommeil. Maurice s’est précipité, il m’a appelé, nous avons trouvé Thanaïs sur le sol, le front brûlant, qui tremblait de tous ses membres, en proie au pire des cauchemars dont elle ne parvenait pas à sortir :
- « Thanaïs, parle-nous, réveille-toi, qu’est ce qui se passe ? »
Elle a lentement repris ses sens, en nous dévisageant comme si nous étions devenus de parfaits inconnus ! Maurice m’a regardé, puis il a longtemps dévisagé Thanaïs pour essayer de comprendre ce qu’elle vivait à cet instant, en vain. Elle continuait de trembler, les yeux hagards et saisis d’effroi. Je suis allé lui faire un café. Quand je suis revenu, elle allait un peu mieux, mais elle avait l’air d’avoir été secoué ! Pourtant elle n’a pas rajouté un mot de la journée, en évitant de faire la moindre allusion à l‘incident, malgré notre insistance. J’ai informé la terre, mais ils ont demandé du repos pour Thanaïs et une vigilance accrue de notre part : pas besoin de le dire !!! Insensiblement, les choses ont empirées, Thanaïs est devenue de plus en plus sombre et distante, refusant de communiquer sur des sujets qui n’incombaient pas strictement à la mission, elle affichait au fil des jours martiens une figure d’une grande tristesse, ce qui ne correspondait en rien à son tempérament habituel. Elle ne touchait plus jamais à son violon. Elle montrait de plus en plus les signes évidents d’une grave dépression nerveuse, sur Mars ! La plupart du temps, après son travail, elle restait triste et taciturne sur les sofas de la base, où alors elle s’isolait de longues heures dans sa cabine en refusant de nous parler. Maurice et moi étions impuissant devant ce changement inquiétant d’attitude. La spécialiste en médecine, c’était elle, pas nous... Et nous devisions secrètement sans succès sur ce qui chagrinait tant l’âme torturée de Thanaïs. Un jour, sans prévenir, elle s’est précipité dans mes bras alors que j’inspectais le dôme, ensuite elle s’est blottie profondément contre moi avec le pauvre regard d’un animal traqué :
-  « Je n’ai pas voulu la tuer, non je n’ai pas voulu... Mais je l’ai fait ! »
Thanaïs pleurait de grosses larmes chaudes que je m’efforçais d’effacer de sa joue :
- « De qui parles-tu, Thanaïs, qu’est ce qui t’arrive, tu as tellement changée ! »
Mais elle ne répondit pas, elle resta simplement enfoncée dans ma combinaison bleu-ciel, ses doigts agrippés à mon bras, agitée d’un chagrin profond qui me fit pitié. Puis elle à rajouté, d‘une voix qui n‘était plus la sienne :
-  « Elle ne m’a pas donné le choix, mais je la suivrais, parce que je l'aimerai toujours. Oh oui ! Je vais la rejoindre, pour qu’elle me pardonne tout le mal que je lui ai fait ! »
Et puis Thanaïs s’est évanouie sur le sol en carbone. J’ai appelé la terre aussitôt, ils m’on recommandé de lui injecter un sédatif qui devait la faire dormir un bon moment. Maurice et moi, on réfléchissait naturellement à un retour prématuré. Les choses ne pouvaient continuer comme ça, et nous avions encore trois mois de voyage pour retourner sur terre ! A vrai dire, je trouvais que Maurice n’allait pas très bien non plus, il devenait lui aussi très ombrageux. Le lendemain de l’incident avec Thanaïs, alors qu’elle dormait toujours dans sa cabine, j’ai fait une réflexion anodine à Maurice à l'extérieur de la base, au sujet des sondeurs de forage d'eau profonde, qui ne pouvait en rien être prise pour une remarque où un quelconque reproche de ma part. Il s’est tout à coup mis dans une colère disproportionnée en me menaçant presque avec une grande clé de vingt, sa voix avait changée :
- « Un jour, je te tuerai, sale conne ! »
Et puis il s’est calmé subitement, comme s’il ne s’était rien passé, mais je sentais toujours sa respiration saccadée dans mon casque. Maurice est un individu calme et pondéré, choisi justement pour ça dans cette mission et je n’ai pas compris sa réaction pour une simple broutille. Il a refusé de s’expliquer, pour lui, l’incident était clos. Je me demande si ce n’est pas cette planète maudite qui nous rend fous peu à peu... Tout mon vaste savoir devenait impuissant à comprendre ce qui se passait avec mes deux collègues. La terre mettait ces événements sur le compte d’une adaptation laborieuse à cette planète. Ils n’avaient pas non plus, malgré la bardée de psychologues qu‘ils avaient mis sur le coup, d’explication satisfaisante à me fournir.
J’ai retrouvé Thanaïs dans une mare de sang, elle venait de s'égorger toute seule avec un bistouri, alors qu’on la croyait toujours endormie. C’était une vision cruellement horrible, mais il n’y avait plus rien à faire. La terre à ordonné le retour immédiat, sachant qu'il nous fallait encore trois jours pour tout mettre en ordre, il y a une procédure à respecter, on ne quitte pas Mars comme on quitte un bar, sur la terre !
Maurice a lavé le corps ensanglanté de Thanaïs avec des lingettes du mieux qu'il a pu et l’a enfermé dans un sac réfrigéré, les toubibs nous ont bien précisé qu’ils voulaient autopsier son cadavre dans leurs labos. Il faudra naviguer avec une collègue et amie morte dans nos soutes, je n’appréciait pas trop, mais bon, la vie continu, n’est-ce-pas ? Et puis les ordres sont les ordres. Le soir, Maurice m’a paru encore plus sombre que les jours derniers, il refusait de répondre à mes questions, affichant une attitude franchement désagréable, sans aucune raison, si ce n’est peut-être la tristesse d’avoir perdu une bonne amie et de n’avoir pu empêcher cette issue tragique. Le matin, il s’est calé au chambranle de ma cabine, l’air désemparé :
- « Je n’ai pas voulu la tuer... »
- « Mais Maurice, c’était un suicide, tu n’y est pour rien, calme toi. On rentre à la maison, ça va aller... »
Il s’est jeté sur moi, en proie à une violente colère :
- « Je n’ai pas voulu je te dit, mais tu vas quand même me le payer, sale conne ! »
Encore cette injure idiote. J’ai du me défendre avec force, parce que Maurice s’est jeté sur moi en me prenant au col. J’ai pensé qu’il allait me tuer, alors je l’ai appelé doucement par son prénom. Il m’a lâché tout d’un coup et puis il est partit en courant. Je n’ai pas pu l’empêcher de passer le sas, il m’a envoyé violemment son poing dans le ventre et je suis resté un bon moment, choqué, privé d’air, douloureux, pratiquement sans connaissance. Pendant ce temps, Maurice avait obturé le sas et passé un scaphandre. J’ai mis un peu de temps avant de sortir à mon tour, car il avait bien magouillé son coup, mais j’ai puisé dans la vaste intuition de ma mémoire améliorée pour trouver le nouveau code. Je suivais sa pensée pas à pas. Finalement, mes manipulations sur le clavier ont porté leur fruit et j’ai pu pénétrer dans le sas à mon tour. Par le hublot, j’ai vu un des tracteurs s’éloigner à vitesse maximum dans un grand nuage de poussière jaune. J’ai enfilé rapidement mon scaphandre et grimpé le plus vite que j’ai pu aux commandes de l’autre tracteur. Maurice avait pris pas mal d’avance, mais je pouvais facilement suivre l'épais nuage qu’il laissait derrière lui et je pilotais mieux que lui, prenant souvent le risque de renverser ma machine sur le sol rocailleux. Il se dirigeait à présent vers une zone rocheuse que nous avions maintes fois explorés ensemble, au cours de nos nombreuses excursions. Je lui parlais dans sa radio, la terre s’en mêlait aussi, mais Maurice ne répondait pas. Je me demandais comment j’allais m’y prendre pour rapatrier Maurice et rentrer à la maison sans l’aide de personne. La chose me paraissait possible pourtant, tant ma mémoire augmentée semblait contenir de virtualités ahurissantes.

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MessageSujet: Re: nouvelle SF- Trous de mémoire   nouvelle SF- Trous de mémoire Icon_minitimeDim 28 Jan - 13:43

Un peu de givre mêlé de poussière à cinglé mon pare-brise, je n’arrivais toujours pas à rattraper Maurice, quand je l’ai vu avec horreur percuter violemment le grand rocher qui lui faisait face, sans qu’il ait cherché à l’éviter. Il s’était délibérément jeter dessus ! Il y a eu une explosion phénoménale dont j’ai ressenti le souffle fouetter mon propre véhicule. Maurice était mort, pulvérisé dans la carcasse fumante. J’ai été bien secoué. Je suis resté longtemps sans forces, sans pouvoir communiquer avec la terre qui me pressait de questions. Sonné, je suis descendu, bondissant à moitié vers l’épave, mais Maurice n’était même plus visible à l’intérieur. Son tracteur ne montrait plus qu’un amas calciné et tordu. Je respirai fort, mon souffle me perturbait moi-même sous la coupole transparente de mon casque, la sueur coulait dans mon dos et sur mon front, que je ne pouvais essuyer. J’ai alerté la terre, ils ont hésité un instant, je les entendait discuter entre eux avec agitation et puis il m’ont ordonné un retour immédiat sur la terre, cette fois il faudrait abréger toute préparation. Je suis remonté dans mon engin, mais je ne l’ai pas remis tout de suite en marche. Quelque-chose était en train de s’insinuer avec insistance dans mon esprit, une pensée, un visage, la pensée d’un visage, que je connaissais bien, sans l’avoir jamais vu. Une violente tristesse m’a envahie, toutefois ce n’était pas la mort de Maurice qui me secouait l’estomac, qui me faisait pleurer dans mon casque en me donnant envie de vomir, c’était le souvenir de cette inconnue que je ne parvenais pas à chasser de mon esprit.
Mais qu’est ce que je raconte ? Je le connais bien, au contraire, ce visage... c’est ma femme, Mathilda, que j’ai assassiné sauvagement par jalousie avant de l’enterrer dans notre jardin de banlieue. J’entendais la terre hurler dans mes écouteurs sans avoir l’impression qu’ils s’adressaient à moi. Inconsciemment, je savais à présent ce qui s’était passé avec mes collègues, pourtant j’étais incapable de rationaliser mes émotions, elles me submergeaient avec une violence inouïe, sans que je reprenne le contrôle de moi-même. J’avais tué Mathilda, parce qu’elle me trompait mais je n’ai pas voulu, non je ne voulais pas sa mort. Je l’aimais trop pour ça . Une espèce d’amertume m’a raclé la gorge, j’oubliais presque le paysage de Mars, je ne pouvais pas chasser la tristesse d’avoir perdu Mathilda. Je sanglotais tout haut. Une vois féminine tombée du ciel à susurré dans l’habitacle du tracteur:
- « Alix ? c’est Sarah, ta femme, c’est moi, qu’est ce qui se passe ? Tu vas bien ? »
J’ai été pris d’une soudaine envie de meurtre :
- « Je vais te tuer, sale conne, j’ai répondu. »
Normalement, il était impossible de se déconnecter de la terre, qui était avec nous en communication permanente. Mais j’avais récupéré de ce type un matériel issu de son A.D.N qui multipliait mon raisonnement par mille. J’ai bidouillé rapidement, avec une facilité déconcertante, toutes les sécurités de l’émetteur et la terre l’a enfin bouclé. Mathilda, qu’est ce qu’elle était belle, j’aurais jamais dû ! c’était une connerie, un coup de sang malheureux, la vie est si fragile... Comment pourrais-jamais réparer ce que j’avais fait ? J’ai mis les gaz pour rentrer à la base, vitesse lente. Mars m’offrait son paysage sanglant et morne. A une bonne distance, 2HK m’invitait sous son dôme luisant, je conduisais vers elle dans un état second, aussi déconnecté de cette planète que la radio muette. Mathilda portait sa robe blanche qu‘elle à fait glisser d‘un geste délicat, le mica de la plage brillait comme de petites étoiles sur son bras velouté doré par l‘été, elle est parti d’un grand rire, elle m’a jeté un peu de sable et elle a couru vers la mer où elle a plongé avec volupté. Je l’ai rejoins peu-après, il y avait des goélands criards qui passaient près de nous en rasant les flots. Le soleil brillait ce jour-là presque aussi fort qu’ici. Je sais bien que j’aurais dû me contrôler, chasser ces pensées venimeuses de mes pensées pour me contenter des bons souvenirs. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Jamais je ne pourrais me pardonner ce qui s’est passé. Le soir, elle m’a avoué sa liaison avec ce type qui travaillait avec elle. C’est lui qu’il aurait fallut buter, si quelqu’un devait mourir...
- « Je vais te tuer, sale conne, j’ai dit. »
- « Non Marius, ne fais pas ça, lâche moi, tu me fais mal ! »
Et je l’ai fait, j’ai cogner plusieurs fois sa tête contre le lavabo, j’avais la rage. Trois fois sa jolie tête à heurté le bord en céramique, j’étais hors de moi mais bien sûr cela n‘excuse rien, je ne pouvais plus m’arrêter. Ce souvenir me déchire au plus profond de moi-même, la vision sans cesse réactivée qui me hante m’enchaîne dans un abîme de douleur. J’ai lâché ses cheveux, elle était lourde, elle a glissé d’un coup sur le sol, elle ne me regardait plus avec ses beaux yeux bleus, elle les avait fermé à jamais. Je l’ai enterré dans le jardin, tout de suite, pour oublier. Mais c’était impossible. J’ai tourné en rond pendant des heures, des jours sans me nourrir, sans voir personne. Et puis j’ai pris ma voiture, ma décision était prise, je ne pouvais plus endurer la puissance de ma peine et les affres de ma culpabilité. J’ai foncé sur un camion...

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MessageSujet: Re: nouvelle SF- Trous de mémoire   nouvelle SF- Trous de mémoire Icon_minitimeLun 29 Jan - 15:04

2HK s’est ouverte sans problème, je suis entré dans le sas, un poids énorme sur la poitrine, Mathilda occupait toutes mes pensées ténébreuses. J’ai balancé le violon sur la paroi en plexiglass où il s’est désintégré avec un bruit de bois brisé. Qui était cette Sarah qui m’avait appelé tout à l’heure ? Il me semblait avoir reconnu cette voix, mais ce n’était pas celle de Mathilda, elle me disait qu’elle était ma femme, c'était complètement idiot... J’avais la migraine et surtout un poids énorme m’écrasait la poitrine. Ce n'était pas un simple accident de la circulation, c'était un suicide. Mon suicide. Quel était cette autre voix qui s'imposait à moi ? Ils disaient qu'il fallait que je rentre sur Terre immédiatement... sur Terre ! Le souvenir poignant de Mathilda se mêlait à mon besoin de mettre en ordre de marche le processus de retour. J'ai avisé le corps de Mathilda dans le sac réfrigéré, je l'ai porté jusqu' à la navette et j'ai laissé 2HK à son sort, après avoir méthodiquement déconnecté un à un les services et les réseaux. La base sera disponible pour d'autres occupants. Je ressentait une impression étrange, j'étais fébrile et triste, mais je dosais chaque geste avec précision. J'étais un astronaute en mission sur Mars, Maurice mon collègue était mort dans un accident de tracteur et j'avais tué Mathilda, que je me préparais à ramener sur terre. Avant d'ajuster mon scaphandre et d'éteindre complètement la station, je me suis allongé un long moment sur ma couchette, j'ai dormi d'un sommeil profond, en proie à d'affreux cauchemars.
Quand je me suis réveillé, le front bouillant, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas appeler la terre, cette panne subite m'a inquiété ; quelque-chose ne fonctionnait pas avec la radio. Maintenant je devais rejoindre la navette pour m'installer aux commandes. Une fois dans la cabine de pilotage de la capsule, j'ai encore essayé d'appeler la terre, j'ai compris le problème, j'ai bidouillé quelques fils, taper quelques codes sur un clavier, la terre m'a enfin répondu :
- « Comment allez-vous, que faites vous Alix, qu'est ce qui s'est passé avec la radio ? Répondez Alix ! »
- « Les fils étaient tous débranchés, c'est o.k maintenant, c'est rétabli, je me prépare à décoller : H - 40 mn. »
- « Vous pouvez y aller, vérifiez encore et amarrez vous à la station, nous vous donnons sa position.»
C'est comme çà que j'ai décollé de Mars avec le corps de Thanaïs dans mes soutes. J'ai dit un adieu symbolique à Maurice avant de faire hurler mes tuyères, puis j'ai déchiré l'atmosphère rose pour m'envoler et prendre en la quittant une bonne bouffée de vent solaire dans le nez de ma capsule. Le créneau était parfait, je me suis amarré sans problème à la station orbitale qui m'attendait dans l'espace. J'étais angoissé, mais cela ne venait pas de la manœuvre, c'était un sentiment de déprime diffus, une fatigue morale qui n'avait pas de mots. Mon cerveau fonctionnait comme jamais auparavant, je voyais des images d’une vie qui n’était pas la mienne se mêler à mes propres souvenirs. Le visage de Sarah s’estompait derrière un autre visage de femme, que je ne connaissais pas, mais cela ne durait pas. C’était comme ce sniff de cocaïne que j’avais pris une ou deux fois et que je m’étais bien gardé d’avouer aux dirigeants des A.S, ils auraient pas aimé ! Et puis j'ai tout oublié d'un seul coup.
La belle station aux trois branches tournait dans le vide en attendant de s’éloigner de Mars, que je regardais encore longtemps par le hublot avec une fascination intacte, teintée d' une immense tristesse. Les paramètres les plus évidents de la planète s’affichaient en rouge et vert sur un petit écran que je regardais en pensant à autre chose, comme hypnotisé dans l'ombre du cockpit par la seule luminosité des cristaux liquides : Révolution sidérale = 686.98 jours, période de rotation = 24h37mn, densité moyenne = 3,97, température moyenne diurne au sol = - 630°. Thanaïs était la dernière à avoir posé les yeux sur cet écran minuscule. Je pleurais doucement, sans autre raison que celle d’épancher un trop plein d’émotions négatives. J’étais en train de faire le deuil de mes amis. Mais je me trompais à moi-même, ce n’était pas sur eux que je m’apitoyais : alors sur qui ?
Et puis j'ai remonté la pente. Sarah, avec qui j'étais souvent en contact radio m'a bien aidé à chasser la détresse morale qui me tenaillait. Elle me parlait des enfants, de la maison, de projets à court termes, de choses rassurantes. Elle disait qu'elle m'aimait. J'ai enfin retrouvé mes repères, avec une pêche d'enfer. La terre à eu l'air soulagée de me voir réagir, eux-aussi, ils m'ont donné des encouragements : ça va aller, Alix, ça va aller... Je suis pas prêt de remettre les pieds sur cette foutue planète déprimante. Mars, dieu de la guerre, mon cul ! Je me suis enfin concentré sur la problématique du retour.
L'accélération de cet énorme vaisseau hérissé de poutrelles d'acier, d'antennes et de larges paraboles équivaut presque à la pesanteur terrestre, ce qui élimine à l'intérieur les conséquences d'une perte de gravité. J'y suis comme un poisson dans l'eau. J'ai laissé Mars s'effacer peu à peu dans la nuit étoilée. En évitant de trop regarder en arrière. J'avais la Terre en face, mais très loin, si loin ! Je flottais entre deux mondes, avec une immense envie de serrer Sarah dans mes bras et d'embrasser mes deux enfants que je n'avais pas revu depuis plus de quatre mois. Il me faudrait encore patienter un bon trimestre, pour revoir ma maison. Mis à part le terrible fiasco humain qu'il faudrait bien analyser, le bilan scientifique de la mission pouvait être considéré comme très satisfaisant. Nous avions eu le temps d'améliorer le rendement de 2HK, comme si une armée d'ingénieurs y avait mis les pieds. Nous avions des cerveaux d'une puissance et d'une efficacité sans équivalent. Expérience positive, diront ceux qui étaient à l'origine de ces manipulations. En effet, seul à bord, je pilotais vers la Terre en ingérant chaque paramètre, j'aurais pu rentrer au bercail sur une trajectoire entièrement manuelle, aucun problème, presque au pif. Je remplaçais avantageusement tous les ordinateurs de ce rafiot. Un simple coup d'œil distrait sur les consoles me donnait accès aux entrailles de l'engin, à son intimité électronique, en connaisseur. Je m’étais fait du souci pour rien, car j’avais eu peur de rentrer seul, sans Thanaïs et Maurice pour m‘épauler, mais mon super cerveau parvenait à des hypothèses et des conclusions instantanées, ce qui étonnait même le contrôle terrien. J’avais dit en plaisantant :
- « Alors, maintenant, j’attaque Vénus ? », mais au-delà de la simple boutade, je crois bien que j’aurais pu le faire !
Le voyage du retour se passa sans fait notoire, téléguidé la plupart du temps à partir du contrôle terrien. Je me nourrissait à intervalle réguliers de sachets lyophilisés que je remplissait d'eau à l'aide d'une petite pipette, agrémentés de tubes et de conserves, pas toutes mauvaises, d'ailleurs. J'accusais une bonne perte de calcium, entre 4 et 6g / mois, mais bon... Je fonçais dans le noir absolu, je me cultivais avec l'immense bibliothèque du bord, je faisais du sport, je ne m'ennuyais pas vraiment, mon moral était très satisfaisant, je dormais bien et profondément, la Terre était aussi contente de moi que du vaisseau. Ma super-mémoire se souvenait de chacun des faits survenus sur Mars, mais mon cerveau refusait de lier les événements pour un tirer le moindre embryon de logique, j'occultais purement et simplement mon propre délire.
La lune fut enfin en vue, et je reçut cette vision avec une immense joie. La Terre était une chose encore si petite et lointaine, mais j'allais bientôt m'injecter sur une orbite de grande apogée. Je commençais à m'activer en ce sens, cela prenait toute mon attention. Je me suis approché de la station circumlunaire, ça bossait dur dans l'espace, mon voyage vers Mars ne constituait après-tout qu'une classe particulière de mission. Sur ordre de la terre, je me suis désamarré de la station, mais la lune n'était pas mon but. Un bruit, un choc léger, largage. Je suis resté un instant à côté de mon porteur, puis le moteur a donné l'impulsion négative pour me transférer à reculons sur orbite atmosphérique. J'ai causé un peu dans la radio avec les types de la base lunaire, ils m'ont félicité et souhaité bonne chance, sans ostentation. J'ai vérifié le roulis, allumé les moteurs d'appoint une ou deux fois, j'arrivais à la maison...
J'étais détendu, engoncé dans mon siège, sans appréhension particulière, bercé par le ronronnement des signaux qu'envoyaient les instruments de la cabine. La terre s'est mise à grandir de plus en plus, bel astre bleu couvert d'océan bienfaiteur, avec l'enveloppe gazeuse de l'atmosphère qui l'entourait, dans laquelle j'allais bientôt m'enfoncer. J'ai dû m'assoupir un instant. J'avais les idées claires de ce que je devais faire. J'avais tué Mathilda, mais je n'ai pas voulu, quelle conne ! Il fallait que je paye ce que j'avais fait, parce que je ne pourrais pas survivre sans Mathilda. Je suis descendu ouvrir la soute de la capsule et j'ai libéré le corps de Mathilda qui s'est mis à flotter en tournoyant dans l'espace. La terre s'affolait et baragouinait des mots que je n'entendais pas, que je ne voulais surtout pas entendre. Ils appelaient Alix, qui c'est celui-là ? Marius, je me suis dit, il faut en finir. Je pleurais abondamment sur mon clavier. Plus rien n'avait d'importance, à présent. Je suis passé en contrôle manuel, j'ai quitté l'orbite prévu et j'ai culbuté vers l'avant. Ma navette à plongé docilement et j'ai commencé à glisser sur les hautes couches de l'atmosphère terrestre. Dans l'air épaissi, à 16.000km / H, j'accusais de sévères frottements. Il y eu un énorme nuage ionisé qui à léché mes hublots brûlants, une tempête d'ions qui à commencé à brûler ma capsule. Je suis mort assez vite en demandant encore pardon à Mathilda.

(fin)
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